Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 19:14

 

 Un bras d’honneur accompagne trois mots « ce serait maintenant… » Il lâche    le volant pour exécuter le geste avec force. La voix prend de l’ampleur, surprend, casse le rythme de l’échange. Puis c’est le silence. L’agression est gestuelle et verbale à la fois. C’est sa façon à lui  de railler et d’humilier ceux qui lui ont fait tant de mal, mais aussi de  dire à Lola qu’il l’aime toujours et qu’il saurait l’imposer aujourd’hui. Le croc  en jambe à sa mère, à ses tantes, aux femmes de la famille  arrive un peu tard, mais elle s’amuse de  le voir jouer au rebelle, à l’indépendant. Il est important pour lui, se dit-elle, de  renouveler et affirmer sa défense. Il se voulait convaincant. Elle le croyait et elle aimait aussi entendre ce discours mille fois répété depuis leurs retrouvailles.

  Il avait, en effet,  écrit sa symphonie sur une partition qui lui a été volée. Impossible, pour lui, d’initier une nouvelle mélodie.le désordre entrait dans ses  désirs et dans ses rêves. Alors,  Il s’installera,  temporairement, dans le royaume souhaité pour lui, là où le vent lui soufflerait une autre vie et une belle aventure, puisqu’il méritait autre chose que cette petite caraque, puisque on ne voulait pas de « ça » dans la famille !

 La croisade engagée par sa mère était dure. Offensive même. Il savait qu’elle irait jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’agression. Elle se sentait blessée, humiliée par le choix de son fils et en devenait hystérique. C’est bien grâce à elle qu’il avait fait de hautes études. Instituteur, n’était-ce pas un beau métier?. Il serait connu, reconnu mais si peu apprécié s’il épousait cette voleuse de poule. Elle aurait raison de son amour.

Troublé, perturbé, envahi, par les arguments qui fusaient de toutes parts, il   lui fallait aller de l’avant malgré l’hésitation et la souffrance. Les femmes l’emmerdaient.  Halte au désenchantement,  halte à la lassitude.  Il sera poussé à tout  lâcher et instaurera un contrat tacite mais moral,  adapté à l’ambition maternelle. La décision était grave, il n’en connaissait pas l’issue psychique, mais renier sa famille ou virer la gitane, le choix serait vite imposé, son équilibre matériel et mental tenait à cette décision. Le milieu familial était sécurisant malgré tout. Même si les influences n’étaient pas justifiées, il en était convaincu,   il installera le silence entre sa lola, l’amour de sa vie, et lui. Il l’avait demandé en mariage deux jours avant, mais tant pis il ne donnerait plus signe de vie. C’était sa façon de faire la révolution !

 L’attitude imprévisible sera lâche et  peu créative.  Un acte impulsif, méprisant qu’il regrettera toute sa vie durant,  ne cesse-t-il de répéter. Ce ne sera pas, non plus très qualifiant pour son égo, d’autant plus que lorsque Lola tentera de le contacter, il la pria de ne plus l’appeler. Son papa, policier de métier, avait enquêté sur Lola et sa famille. Il savait tout désormais, la gitanerie, la malhonnêteté, la bêtise, l’ignorance, bref le manque d’intelligence qui caractérisait cette fille. Une gitane ne peut être intelligente, cela est connu. Même ses lettres tant attendues pourtant, tout à coup,   étaient insipides. Celle à qui il avait dit tant de fois qu’il l’aimait, n’était plus  fréquentable grâce  aux découvertes  de papa ! Merci papa, merci  maman d’avoir mis de l’ordre dans son cerveau. Il est bon d’avoir des parents qui chasse toute culpabilité  en prenant  soin de vous . Sauvé l’enfant rentre au bercail.

Par migele - Publié dans : journal intime - Communauté : trop dure la vie....
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 23:27

Des myriades et des myriades d’heures  ce sont écoulées depuis ce jour où,  anéantie par des mots surgis dans mon habitacle, déchirant mon noyau intérieur, mon noyau véritable,  il m’a fallu définitivement dépasser les apparences. J’ai  égaré alors  le chemin des promesses, , oublié les spasmes du bonheur et l’odeur de l’amour. Cupidon ne me reconnaît plus, ne me reconnaitra plus, je ne le méritais probablement pas…J’efface, je perds, j’oublie le beau, le joyeux, le merveilleux même. Il me faut occulter, il me faut refouler pour entrer dans un paradis artificiel au noyau impénétrable.

Accablée et  meurtrie, usée de lassitude et de monotonie, le temps accompagne inexorablement ma solitude, mes sourires et ma bonne figure. Nul ne connait, nul ne connaitra mon désarroi, mon désespoir, le rejet dur, inhumain, le rejet douloureux..le rejet mystérieux.

Des myriades et des myriades d’heures et  de minutes nous ont séparés mais une seconde a suffit pour que nous retrouvions l’effacé, le perdu, l’invisible. D’un moment magique a jailli, sans une ride, cet  amour  vrai,  intense, ce même amour jadis éprouvé…Un instant a suffit.. Nous nous sommes reconnus et nous nous sommes livrés à l'unique spirale du bonheur. Entraînés, aveuglés et en ébullition nous nous sommes abreuvés et nous nous abreuverons encore de toutes les douceurs si longtemps désirées.

*l'amoureuse

Par migele - Publié dans : récit - Communauté : Ecrivains et vains écrits !
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 15:16
heureuses retrouvailles

Des myriades et des myriades d’heures ce sont écoulées depuis ce jour où, anéantie par des mots surgis dans mon habitacle, déchirant mon noyau intérieur, mon noyau véritable, il m’a fallu définitivement dépasser les apparences. J’ai égaré alors le chemin des promesses, , oublié les spasmes du bonheur et l’odeur de l’amour. Cupidon ne me reconnaît plus, ne me reconnaitra plus, je ne le méritais probablement pas…J’efface, je perds, j’oublie le beau, le joyeux, le merveilleux même. Il me faut occulter, il me faut refouler pour entrer dans un paradis artificiel au noyau impénétrable.

Accablée et meurtrie, usée de lassitude et de monotonie, le temps accompagne inexorablement ma solitude, mes sourires et ma bonne figure. Nul ne connait, nul ne connaitra mon désarroi, mon désespoir, le rejet dur, inhumain, le rejet douloureux..le rejet mystérieux.

Des myriades et des myriades d’heures , de minutes aussi nous ont séparés mais une seconde a suffit pour que nous retrouvions l’effacé, le perdu, l’invisible. D’un moment magique a jailli, sans une ride, cet amour vrai, intense, ce même amour jadis éprouvé…Un instant a suffit.. Nous nous sommes reconnus et nous nous sommes livrés à l'unique spirale du bonheur. Entraînés, aveuglés et en ébullition nous nous sommes abreuvés et nous nous abreuverons encore de toutes les douceurs si longtemps désirées.

Ton amoureuse

Par migele - Publié dans : journal intime - Communauté : la vie intérieure
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 23:36

 Tristes ou gaies,   joyeuses ou sages, torturées et  misérables, pessimistes ou optimistes selon les moments, rêves de liberté, désirs inconscients ou révélés, mais quelles  que soient leurs formes, leurs états, leurs dimensions, elles m’appartiennent. Je les cultive en silence,  les apprécient, m’en délecte. Je peux  tenter de les oublier, les  renier ou les rejeter,  Elles se multiplient,  défilent, m’envahissent  parfois, triturent mon cœur et mon corps, mais elles m’appartiennent.  Mauvaises ou pas, nul n’a le droit de m’imposer de  les divulguer,  de les livrer en pâture, à l’analyse, au jugement ou  à l’appréciation… Mais non je ne délire pas ! Plus d’une fois, donc maintes fois, le maître de maison et père,  affublé de son autorité autoproclamée, reconnue, acceptée et incontestée, hurlait pour rompre le silence, troubler mes pensées et les entendre s’échapper. Il voulait  savoir qui me donnait l’idée de m’enfermer, de rêver, de m’évader. Cela était forcément néfaste. Il voulait en connaître la genèse, à qui elles étaient destinées,  à quoi elles pouvaient aboutir  et comment elles m’habitaient. L’esprit d’une jeune gitane devait être vide, vierge de toute pensée,  ne pas éveiller ses sens et ses pensées aux sollicitations et se laisser guider par les lois du groupe. Je n’ai jamais pu, ma curiosité animait mes pensées, renforçait  mes soifs  de connaissance, de découvertes et surtout  mon désir de fuite en un lieu où la pensée serait libre, ourlée ou malicieuse,  hurlée ou  silencieuse.

Par migele - Publié dans : journal intime - Communauté : trop dure la vie....
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 00:02

Anorexique  face à l’amour,  boulimique de solitude, épuisé par l’effort physique,  rejetant  tout plaisir, il laissait s’écouler une vie sans désir ni révolte.

Qu’il fasse beau ou pas, le temps était toujours celui de l’ermite, enfermé,  enserré dans une paresse noire,  sans possible nouveauté, sans possible vibration. C’était vrai pour lui, c’était bon aussi peut-être.

Pour elle, trois jours suffirent,  avec la même lenteur, le même silence, elle ferma sa valise, réprima sa colère, et s’en alla sans crier ni sourire retrouver sa vérité et sa spontanéité.

Manger la vie, se gaver de bonheur, fantasmer  sur la magie d’un amour vrai et  fou. Briser l’erreur. Virer l’horreur.  Rêver d’inconnu et de possibles beaux jours. Danser et rire toujours

Par migele - Publié dans : journal intime - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 22:58

J’ai su très tôt que je ne trouverai s pas d’ancrage, l’enracinement m’était  impossible. Le contrôle permanent, les reproches exprimés violemment me poussent à m’éloigner. Mes parents confirment ainsi leur appartenance au groupe. Ils nous veulent différents, éduqués, instruits, c’est  là leur fierté. Nous naviguons entre deux mondes, nous devons  faire fi de toute la nouveauté rencontrée. Se former, s’enrichir ailleurs mais demeurer gitan jusqu’au bout des ongles.  La schizophrénie nous guette.  Or,  mon moi,  incapable de faire des choix de cet ordre, refuse  de s’inscrire dans  l’univers  restrictif imposé.  Mon port d’attache  n’est pas "la gitanerie" il doit être   sans amarre, sans emprise.

Les conflits répétés m’éloignent des  us et coutumes gitanes,  je ne peux y trouver mon identité. Je résiste à l’intégration totale.Je fuis c'est une histoire de vie ou de mort psychique.


 

 


Par migele - Publié dans : journal intime - Communauté : Pensées d'ailleurs
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 22:38

Saisir avec mille précautions les dernières affaires emballées la veille, entrouvrir la  porte et me glisser  sans bruit dans le couloir, les pieds nus. Derniers efforts, dernières souffrances pensais-je. Le silence du petit matin m’inquiète et me rassure. L’immeuble dort  encore, il est cinq heures, un peu plus tôt que d’habitude. La nuit  blanche et agitée  a animé douloureusement mes entrailles.  Malgré ma détermination  la peur s’est installée. Peur d’être arrêtée dans ma décision, mon désir, mon élan, puis brutalisée,  coincée et bloquée jusqu’à ma propre fin.  Je veux fuir sans heurt , sans cris, sans faire de mal, juste pour vivre, être libre de penser , libre de ne pas exprimer ce qui surgit en moi, mes rêves,  mes peines, mes déceptions, mes angoisses.  Libre de garder en moi, pour moi ce qui peut éveiller encore une étincelle de vie. Se raccrocher à une étincelle c’est peu mais suffisant pour trouver la force de préparer pendant de longues semaines ce départ.  Chercher un lieu protecteur,   un foyer de jeunes filles en l’occurrence, raconter mon histoire, mes craintes,  les menaces possibles,  y  déposer un vêtement après l’autre, un livre, un disque, quelques photos. Petits souvenirs gagnés, mérités, n’appartenant qu’à moi, des petits bonheurs tout simples accumulés durant une jeune vie sous  haute protection, sous haute  surveillance jusqu’à ces vingt et un ans, l’âge de la majorité tant attendue. Je m’éclipse,   rejette des principes  qui me restreignent et m’enduisent  de honte. Partir sans remords, sans regret même,  loin des jugements, des sentences  proférées,  des verdicts sans appel  possible.  Mon vrai désir ne pas déclencher de tempête si petite soit-elle.


Les trois étages descendus, les pieds enfin chaussés, il  faut à présent quitter l’immeuble sans faire claquer la porte, disparaître définitivement de  ce lieu alors que le jour pointe à peine. Je contrôle ma respiration et subis d’étranges  accélérations du rythme cardiaque. Tout mon corps tremble, refuse d’avancer, alors que je veux fuir sans la voir une dernière fois, sans l’entendre vomir ses grossièretés. Trop tard hélas ! Penchée à la fenêtre elle hurle  le discours que je ne veux plus entendre,  ce discours qui tourne autour du déshonneur, de la prostitution, de la liberté sexuelle, de l’ingratitude. Son toboggan de haine et de jalousie laisse dévaler les mots les plus durs, les plus blessants. Déjà entendu, déjà vécu, déjà subi, mais le connu  ne diminue pas la souffrance. 

Je titube, mais avance tout de même, ses horreurs ne me paralyseront  pas,  ses mots ne m’assassineront  pas,  Retrouver l’équilibre et la force pour atteindre la gare, monter dans le train une dernière fois, disparaître de sa vie, quitter le clan. Evoluer  dans l’anonymat, ne plus être psychiquement, intellectuellement le clone d’un groupe qui ne me reconnaissait pas dans ma singularité.

Par migele - Publié dans : journal intime - Communauté : la vie intérieure
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 16:25
L'homme s'est énervé, l'homme a réagit. Une gifle est partie parce que pondérer sans cesse c'est compacter et compacter a des limites. Compacter c'est entasser jusqu'à déchirer,  jusqu'à exploser. Si un enfant est frappé cela m'insupporte. Ma fille n'a jamais eu de fessée, elle a été grondée, punie si nécessaire. Elle a ainsi appris les limites à respecter. Pour elle et pour les autres. Il me semble que tout va bien pour elle, elle est sociable et sociale aussi.

Mais je peux entendre le raz-le-bol de ce monsieur qui regrette d'ailleurs son geste. Récemment un enfant,  né il y a  10 ou 12 ans, a insulté une dame tout simplement parce qu'elle marchait trop lentement et qu'il y avait urgence à la dépasser : "pousse toi de là connasse, sinon je te fous par terre" . J'avoue qu'à ce moment là une pulsion violente m'a envahie, mon sang n'a fait qu'un tour, c'est très imagé mais l'expression dit bien le ressenti. Je ne lui ai pas permis d'en faire un deuxième et me suis adressé à la vieille dame plutôt qu'à l'enfant. En un tour de sang j'avais compris qu'il n'en ferait rien,  qu'il ne comprendrait pas. Par contre la dame à été heureuse, non, peut-être soulagée, de se sentir soutenue. Elle était vieille certes, mais elle fut jeune aussi elle fut  dynamique et mère  de quatre enfants à qui elle a appris quelques règles de vie en société. Elle a appris a respecteur les parents, les enseignants, les plus grands que soi. Elle n'imaginait pas qu'un jour on la traiterait de connasse parce qu'elle ne marchait plus assez vite.

L'instituteur non plus n'imaginait pas que ce métier serait aussi difficile à exercer et qu'il pourrait se faire traiter de connard par un enfant.

 Je soutiens complètement cet homme chargé de transmettre un savoir par ce que c'est un noble métier et que je me demande où est vraiment la faille, la déchirure.

Ne pas éduquer un enfant c'est lui faire violence aussi, d'une certaine manière..
Par migele - Publié dans : récit - Communauté : LES COPAINS D'ABORD
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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 22:17

 

 

Je suis partie pour ne  pas vivre  enfermée, ligotée et subir la vie cloisonnée dictée par le monde gitan dont  je suis  issue.  Ouvrir la porte pour connaître un autre milieu, élargir  mon cercle d’amis et un univers  restreint,  a été une ambition démesurée. Il ne suffit pas d’y croire. Se situer, évaluer les possibles ,tâcher de   dénouer les liens et les objectifs  définis par le groupe,  puis inscrits , tel un matricule, par une éducation rigide, oublier des principes sectaires  scrupuleusement respectés, tout cela  demande un effort constant, une remise en question permanente, une confrontation à soi-même  et aux autres souvent  douloureuse. Evacuer peu à peu toutes les règles imposées,  tenter de ne plus se nourrir d’interdits,  inventer la tolérance  n’est vraiment pas évident. Il y a bascule et parfois culbute. Déterminer un nouvel assemblage sur une base chaotique n’est pas toujours facile. Il y a certaines fois surcharge puis  rature jusqu’au néant momentané. Se relever et recommencer sans cesse.  Engager une révolution dans un carrefour encombré  sans  perdre ni les forces, ni la face ni la vie, fut le travail du voyage entrepris. Le fardeau à lâcher reste en soi et pour soi. Essoufflée souvent, brisée de fatigue parfois,  je continue ma route à la recherche d’un destin plus  doux.  Le trouverai-je un jour ?

La liberté espérée reste et restera illusion. Quand je fais le bilan, je n’ai pas résolu grand-chose de la place de la femme dans le couple et dans la société.  D’errances psychiques  en errements sur des chemins de traverse pierreux, souvent fangeux, perdus et  compliqués ,  je cours encore, malgré l’âge, malgré les déceptions  à la recherche de passions  intenses, d’enthousiasmes fous,  mais aussi d’émotions  tendres et délicates. Aujourd’hui encore je voudrais compter pour quelqu’un, être une priorité dans sa vie. Ma naissance ne m’accorda rien de cela. Cela sera-t-il une réalité un jour ?

A suivre


Par migele - Publié dans : journal intime - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 00:55

 

 A l’heure ou l’angoisse vespérale la saisie et que la mélancolie s’agite,  elle occupe la chaise définitivement placée à l’ouest de la maison. Le soleil salué se retire lentement et l’œil guette  l’arrivée des étoiles. Elle attend encore la sienne, celle qui lui offrira  le bon fruit. Pas celui du pêché, pas celui qui punit, mais celui qui nourrit.

Si certains ont de la chance, à d’autres elle échappe. Si certains la saisissent au vol, d’autres ne la voient  pas passer. Fuir ou nier ce que le hasard transporte de bon est monnaie courante, alors que le mauvais se laisse happer, habiter,  ressasser.

Circonstance du hasard, la chance est fortuite, la chance est aubaine se dit elle. Or sa guigne permanente, assise sur du roc, sa déveine  fâcheuse et prospère lui ont  imposé  une chance chancelante.

 Chaque jour, elle rit en silence ou  noie le malheur dans ses pleurs, mais chante encore doucement l’espoir de bonheurs, de douceurs partagés et d’une étoile qui scintille. Or, avec le temps tout s’en va, même la voix  se perd, s’éraille, s’essouffle, s’éteint comme ses illusions. L’âge est là, elle est usée par le hasard trop souvent  chargé de mauvais fruits.

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